Pulp Fiction

4112009

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Clemence4stars.bmp. Steve4stars.bmp. Pulp Fiction (1994, Etats-Unis). Réalisé par Quentin Tarantino. Avec John Travolta, Uma Thurman, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Harvey Keitel, Ving Rhames. C’est l’histoire de deux tueurs, d’apprentis braqueurs, d’un boxeur ayant perdu sa montre… Bref, ce sont plusieurs histoires sanglantes et burlesques qui s’entrecroisent.

Pour faire simple, on aime beaucoup ! On se rallierait presque à l’avis de certains critiques qui considèrent Pulp Fiction comme le Citizen Kane des années 90, dans le sens où Tarantino assimile 50 ans de septième art et où il pose les bases d’un cinéma résolument moderne.

Exemples… En deux travellings, il parvient à créer un suspense hitchcockien (cf. Butch au téléphone). La scène de poursuite entre Marcellus Wallace (Ving Rhames) et Butch (Bruce Willis) est construite de la même façon que toutes les poursuites des films de Charles Chaplin. Tarantino fait même un joli clin d’oeil au cinéma contemporain; lorsque Butch se rend chez son marchand d’armes, il choisit tour à tour la tronçonneuse de The Texas Chainsaw Massacre, le couteau de Shining, les nunchakus des Tortues Ninjas. Il respecte à la lettre la technique du champ/contre-champ, utilise les plans séquences, les longs travellings (en suivant les tueurs Vincent & Jules, avant de rentrer dans l’appartement de leur victime), les ellipses narratives, les flash-back, et même les images digitales (Mia formant un rectangle d’un mouvement de mains). Toutes les techniques possibles et imaginables sont mises à contribution !

A l’image de cette déconstruction narrative, Quentin Tarantino joue avec le spectateur. Le jeune cinéaste se permet des retournements de situation assez surprenants. Ainsi, la scène dramatique avec Christopher Walken dans laquelle il évoque la guerre du Vietnam (on repense au chef d’oeuvre de Cimino, The Deer Hunter) se transforme en gigantesque farce (où a-t-il caché sa montre?).

Enfin, n’oublions pas le style Tarantino : toutes ces séquences (a priori inutiles) dans lesquelles il laisse ses personnages débattre sur le Royal Cheese ou sur la sensualité des massages de pieds, toute cette musique (de grande qualité) jouant un rôle capital dans le film… Un chose est sûre, dès son second film, Tarantino démontre sa parfaite maîtrise du langage cinématographique.




Jungle Fever

3112009

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Steve4stars.bmp. Jungle Fever (1991, Etats-Unis). Réalisé par Spike Lee. Avec Wesley Snipes, Annabella Sciorra, Samuel L. Jackson, John Turturro. Un architecte noir marié (Wesley Snipes, toujours impeccable chez Spike Lee) et sa secrétaire blanche (Annabella Sciorra) ont une liaison et tombent amoureux. Ils doivent faire face aux préjugés sociaux et raciaux de leur famille et de leurs proches.

Spike Lee a pour habitude de dénoncer les travers de la société contemporaine et d’aborder le thème de la ségrégation raciale. Jungle Fever, film pessimiste, ne faillit pas à la règle. La réussite du cinéaste est de mettre en place plusieurs intrigues secondaires : les relations que Flipper entretient avec son frère drogué (incarné par Samuel Jackson), ses parents, sa femme et son meilleur ami, la vie d’Angie la secrétaire, et celle de Paulie Carbone (Turturro) juif amoureux d’une femme noire et dont ses clients se moquent. Pour éviter la déprime totale, le réalisateur alterne les moments dramatiques avec quelques scènes comiques bienvenues.

Jungle Fever est probablement le meilleur film de Spike Lee. Comme dans ses autres projets du début des années 90 (Mo’ Better Blues et Crooklyn), il fait preuve de sobriété pour faire passer son message, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui..




The 25th Hour

2112009

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Clemence3stars.bmp. Steve3stars.bmp. La 25ème Heure (The 25th Hour, 2002, Etats-Unis). Réalisé par Spike Lee. Avec Edward Norton, Barry Pepper, Philip Seymour Hoffman, Rosario Dawson, Brian Cox. Monty est un trafiquant de drogue qui va passer sa dernière nuit de liberté avant de purger une peine de plusieurs années de prison. A cette occasion, une soirée est organisée par un mafieux russe dans un night club. Tout son entourage y est présent.

The 25th Hour recèle quelques belles scènes d’amitié entre le trio d’amis d’enfance Monty/Jakob/Slattery (bon casting). Edward Norton insuffle une belle profondeur à ce trafiquant qui attend son sort avec fatalisme et crainte, tout en exprimant ses doutes à sa femme, son père et ses amis. Cette partie constitue le meilleur aspect du film. On apprécie moins le côté démonstratif qui devient une marque de fabrique chez Spike Lee. En plus, après plus de 2 heures de film, le cinéaste nous inflige un final naïf et larmoyant complètement inutile.




Out Of Sight

25102009

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Clemence4stars.bmp. Steve5stars.bmp. Hors d’Atteinte (Out Of Sight, 1998, Etats-Unis). Réalisé par Steven Soderbergh. Avec George Clooney, Jennifer Lopez, Ving Rhames, Dennis Farina, Steve Zahn, Don Cheadle, Catherine Keener, Luis Guzman… Le cambrioleur Jack Foley s’évade d’un pénitentier de Louisiane aidé par son pote Buddy. Alors qu’il est poursuivi par l’agent Karen Sisco, il prépare un nouveau coup.

Pas de doute, Out Of Sight est un véritable divertissement hollywoodien. Deux superstars tiennent le haut de l’affiche (Clooney & Lopez), d’autres font une apparition remarquée (dont Samuel Jackson ou encore un excellent Michael Keaton en agent du FBI), l’intrigue est d’une efficacité redoutable, et Soderbergh y ajoute une belle love story.

Mais c’est justement dans ce cadre hollywoodien que Steven Soderbergh s’exprime le mieux. Il s’amuse avec le spectateur en utilisant judicieusement le flashback (le puzzle se reconstituant progressivement). Il privilégie le montage parallèle, en dissociant image et son. On pense alors à cette scène magique entre Clooney & Lopez : il la rejoint, assise à la table du bar d’un hôtel. Echange de regards. La discussion s’engage. Ils montent dans la chambre, font l’amour, avant que Clooney ne reparte. Pendant toute cette séquence, le spectateur entend l’ensemble de la conversation au bar. Quelle belle façon de présenter la naissance d’une histoire d’amour ! Côté technique, il poursuit ses expérimentations avec ses nombreux fondus au noir, ses arrêts sur image à contre-temps…

L’osmose entre George Clooney (étoile encore montante) et Jennifer Lopez (le rôle de sa vie) fait de Out Of Sight un film magique. Les scènes dans lesquelles ils apparaissent ensemble sont exceptionnelles. N’ayons pas peur des mots : ils sont à la hauteur du duo Bogart/Bacall dans The Big Sleep ! Et donc, plus que l’intrigue policière, c’est leur romance qui tient en haleine le spectateur. On ajoutera que les personnages secondaires sont épatants, comme le très sympathique Ving Rhames, déjà vu dans Mission Impossible et Pulp Fiction, ici dans le rôle du bon copain Buddy Bragg. Film à aimer sans réserves et à revoir plusieurs fois.




Informant !

24102009

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Steve3stars.bmp. Clemence2stars.bmp. The Informant! (Informant!, 2009, Etats-Unis). Réalisé par Steven Soderbergh. Avec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHale, Melanie Lynskey. Mark Whitacre, brillant cadre supérieur du groupe agroalimentaire ADM (Archer Daniel Midlands), décide de dénoncer les pratiques illégales de sa société. Pour cela, il travaille avec le FBI et joue les agents secrets.

Steven Soderbergh enchaîne les films à la vitesse de la lumière. Après le dyptique du Che et The Girlfriend Experience, Informant! est son 3ème long métrage à l’affiche en 2009. Son style nous ramène dans les années 70 : du générique à la musique (catastrophique et irritante) en passant par l’image délibérément vieillie (rappelant les photos de nos grands-parents jaunies par l’épreuve du temps). Le problème, c’est que l’on ne comprend pas le choix du cinéaste pour ce style rétro alors que l’action, tirée d’un fait réel, se déroule dans les années 90.

Le résultat est finalement assez original, bien plus proche de la comédie sarcastique que du film d’espionnage. Si Informant! souffre d’une première partie très moyenne (c’est peu dire), il gagne en intérêt dans sa seconde moitié. On suit le pauvre Mark Whitacre se débattre et s’enfoncer de plus en plus. Il est incarné par Matt Damon, omniprésent de bout en bout. Au final, Informant! reste un projet mineur de Soderbergh, dont on attend désespérément un retour en grande forme.




The Shooting

27092009

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Steve4stars.bmp. The Shooting (1966, Etats-Unis). Réalisé par Monte Hellman. Avec Warren Oates, Millie Perkins, Will Hutchins, Jack Nicholson. En échange d’une prime, deux cowboys escortent une jeune femme jusqu’à la ville de Kingsley. Alors qu’ils traversent le désert, ils sont rejoints par Billy Spear, un chasseur de primes.

The Shooting est un western énigmatique qui frappe par sa simplicité. Prenons 3 exemples représentatifs. 1. Côté interprétation, il faut savoir qu’à l’exception d’une courte scène à l’entrée d’un village, seulement 5 acteurs apparaissent au générique. 2. Les héros traversent un paysage désertique, presque abstrait, écrasé par le soleil. Pas de ville, pas de saloon, pas de rivière, pas d’abri, seulement un paysage de sable et de roches d’une blancheur extrême. 3. L’économie de décors va de paire avec un certain dépouillement dans la narration. Bien entendu, on comprend leurs difficultés (ils crament littéralement sous le soleil) et les tensions qui naissent. Mais c’est au spectateur d’imaginer les motivations de la jeune femme pour se rendre à Kingsley (d’où provient son désir de vengeance ?), la nature ses liens avec le tueur à gage (frère ? amant ? contrat ?), et ce qui pousse Willett Gashade à la suivre (appât du gain ? nécessité de retrouver son frère ? désir amoureux ?). 

Le fait que le film soit épuré et si peu démonstratif permet de centrer l’histoire sur le thème (ô combien universel) des relations humaines (amitié, désir, vengeance, pitié…). A ce jeu là, le cinéaste indépendant américain Monte Hellman est particulièrement doué car il parvient à créer une grande proximité entre le spectateur et les personnages. On notera la présence de son acteur fétiche Warren Oates (également vu dans Apportez-moi la Tête d’Alfredo Garcia de Peckinpah) et de Jack Nicholson, à l’époque jeune acteur et coproducteur du film.

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Lucia y el Sexo

5092009

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Steve3stars.bmp. Lucia y el Sexo (2001, Espagne). Réalisé par Julio Medem. Avec Paz Vega, Tristan Ulloa, Najwa Nimri, Daniel Freire, Javier Camara, Elena Anaya. Après la mort de son petit ami, un écrivain madrilène, Lucia part se ressourcer sur une île méditerranéenne. Elle se remémore sa relation passée et redécouvre des aspects troubles de cette passion…

En 1992, Julio Medem dirige Vacas, premier film relatant les difficiles relations de deux familles du pays basque, sous le regard impassible de plusieurs générations de vaches. On avait beau être loin du chef d’oeuvre, c’était l’occasion de découvrir une personnalité originale dans le paysage cinématographique ibérique. En 1998, Los Amantes del Circulo Polar marquait un tournant important dans la carrière du réalisateur : mise en scène léchée, gros succès public en Espagne et accès à la renommée internationale. Le résultat était agréable mais assez superficiel.

2001. Lucia y el Sexo s’inscrit dans la lignée de son précédent film. Les images sont belles : cadrages impeccables, île méditerranéenne paradisiaque avec son eau turquoise et ses routes ensoleillées, tout cela étant sublimé par Paz Vega (Lucia), actrice d’une rare beauté. Toutefois, la mise en scène devient vite tapageuse : multiplication de scènes chaudes impliquant Najwa Nimri puis Paz Vega, plans furtifs de sexes en érection… On verse dans l’érotisme chic.

Par ailleurs, Lucia y el Sexo se caractérise par son histoire en puzzle dans lequel toutes les pièces se rassemblent à fin, d’une façon incroyable (et peu crédible). De façon un peu trop démonstrative, les personnages principaux se retrouvent dans un gîte au soleil (pour commencer une nouvelle vie?). Mais cessons d’insister sur les points négatifs, et reconnaissons que tout cela est bien agréable à regarder, et que l’intrigue est habilement construite.




On Her Majesty’s Secret Service

3092009

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Clemence2stars.bmp. Steve3stars.bmp. James Bond n°06. On Her Majesty’s Secret Service (Au Service Secret de Sa Majesté, 1969, Grande-Bretagne, 2h15). Réalisé par Peter Hunt. Avec George Lazenby, Diana Rigg, Telly Savalas, Gabriele Ferzetti. L’agent 007 affronte Blofeld, le puissant chef du Spectre qui s’apprête à lancer une guerre bactériologique.

#06. Ces évènements mènent James Bond directement en Suisse, cadre idéal pour mettre à profit ses grandes capacités d’adaptation sur la glace : longues poursuites à skis (à la nuit tombée, puis en plein jour), parties de curling avec de jeunes et belles suissesses, course de stock-cars sur glace et combat endiablé sur un bobsleigh. Pour la première et unique fois, c’est George Lazenby qui prend les traits de l’agent 007. S’il n’a pas le charisme de Sean Connery (non disponible), il en garde la fougue et le côté charmeur. Face à lui, c’est Telly « Kojak » Savalas qui joue le rôle du méchant. Au final, Au Service Secret de Sa Majesté est plutôt une bonne surprise, même si le final traîne en longueur (on aurait pu couper une vingtaine de minutes) et si les combats en corps à corps du début sont bizarrement montés.

La James Bond Girl. Tout droit sortie de la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir, l’actrice Diana Rigg incarne Teresa Di Vicenzo, une aventurière au caractère bien trempé qui sera parvenue à faire chavirer le coeur de James Bond et à lui mettre la bague au doigt… avant de périr sous les coups de feu de l’infâme Blofeld ! On imagine que les scénaristes auraient eu du mal à poursuivre la série si l’agent 007 était marié !

Propos de cinéastes. Peter Jackson (réalisateur de King Kong et de la Trilogie du Seigneur des Anneaux) : « C’est Diana Rigg, alias Tracy dans Au Service Secret de Sa Majesté, qui a eu le rôle de James Bond Girl le plus fort. C’est une grande actrice et ses scènes étaient très bien écrites. Elle réussit à susciter beaucoup de pathos et d’émotion quand elle meurt à la fin. C’était une scène incroyable. On ne peut pas faire mieux en terme d’apparition qu’Ursula Andress dans Dr. No quand elle sort de l’eau, mais pour moi Diana Rigg surclasse toutes les autres ».




Historias Minimas

27082009

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Steve4stars.bmp. Historias Minimas (2002, Argentine). Réalisé par Carlos Sorin. Avec Javier Lombardo, Antonio Benedictis, Javiera Bravo. Habitant un village de Patagonie, trois personnages décident de se rendre à San Julian. Un octogénaire part à la recherche de son chien disparu qu’un ami prétend avoir aperçu. Un représentant de commerce accomplit le même périple en voiture, avec un gâteau d’anniversaire destiné au fils d’une jeune veuve dont il est tombé amoureux. Et une jeune femme, accompagnée de sa fille, se rend à un jeu télévisé après avoir été gagné à un tirage au sort.

L’histoire se déroule dans les très beaux paysages du Sud de l’Argentine (grands espaces et routes désertes), entre Fitzroy et San Julian, que Carlos Sorin filme avec justesse. Don Justo, Roberto et Flores (incarnés par des acteurs non professionnels) sont des personnages simples et attachants, de même que les personnes qui croisent leur chemin. Chaque rencontre est émouvante. On repense à cette géologiste qui partage un bout de chemin avec Don Justo, à ce gardien qui l’héberge pour la nuit, et à cette grand-mère qui apporte sa touche personnelle au gâteau de Roberto. Quel plaisir de se laisser guider par ce film plein d’humanité ! Historias Minimas a été, à juste titre, auréolé du Prix du Jury au Festival  de San Sebastian en 2002.




The Happening

24082009

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Clemence3stars.bmp. Steve3stars.bmp. The Happening (Phénomènes, 2008, Etats-Unis). Réalisé par M. Night Shyamalan. Avec Mark Wahlberg, Zooey Deschanel, John Leguizamo. Une étrange vague de suicides frappe l’Est des Etats-Unis. Ces bouleversements dans le comportement humain sont inexpliquables. Elliot Moore (Mark Wahlberg), professeur de sciences au lycée de Philadelphie, tente d’échapper à ce mystérieux phénomène avec sa femme et ses amis.

Les films de M. Night Shyamalan se suivent et se ressemblent en termes de construction narrative. Le point de départ est original et passionnant. Des évènements étonnants se succèdent, provoquant la contagion d’une zone géographique. La tension monte. Un petit groupe se forme autour d’Elliot Moore pour échapper au danger, tout en essayant de comprendre la situation a priori incompréhensible… jusqu’au dénouement final qui fait de The Happening le premier blockbuster écolo ! Pas mal.